Le saumon d'Alaska par Daniel BULLY

  • Alaska : voyage de rêves.
    Le 21 juillet j'ai rendez vous à l'aéroport de Roissy avec mes coéquipiers. Nous faisons rapidement connaissance avant l'embarquement. Nous avons un long voyage pour discuter de la semaine que nous allons passer ensemble. Nous avons tous entendu parler de la fameuse pêche du king en Alaska, mais d'être à quelques heures de vivre cette aventure beaucoup d'émotions nous envahissent et autant de questions restent sans réponse. Un oeil collé au hublot pour observer le paysage qui défile sous l'avion, nous bavardons tantôt sur notre passion de pêcheur, mais inexorablement nous nous interrogeons sur les jours à venir dans ce pays de rêve. Enfin nous perdons de l'altitude et l'hôtesse nous annonce notre imminent atterrissage à Anchorage. Lionel et Christiane Maye nous accueillent dès la sortie de l'avion en nous souhaitant la bienvenue au pays des « Inuit ». Aussitôt les bagages récupérés Lionel et Christiane Maye nous emmènent dans leur somptueuse villa. Nous faisons connaissance avec les 6 autres personnes qui vont passer le séjour avec nous. Nous bavardons quelques instants puis sans nous faire prier nous allons nous coucher. Nous sommes éprouvés par le voyage et les 10 heures de décalage horaire. Le lendemain matin un court passage dans un magasin d'articles de pêche nous permet de compléter notre équipement. Casse croûte à l'aéroport d'Anchorage, puis nous embarquons à bord d'un jet pour l'île de Kodiak distante de 500 km. Nous pouvons admirer le fabuleux paysage de l'Alaska avec ses montagnes recouvertes de neiges éternelles. Pays aux 3 millions de lacs de toutes tailles, 100.000 glaciers dont certains vont terminer leur descente dans la mer, criques et fjords immenses. Le soleil éclaire à merveille l'immensité de ce paysage qui se termine à nos yeux sur les flancs du mont Mc Kinley.
  • Kodiak
    Une heure plus tard nous atterrissons à Kodiak, une île un peu plus grande que la Corse, 9000 km2 pour 6000 habitants. Déplacement en taxi vers le port où plusieurs hydravions nous embarquent pour le lac Karluk. Encore une heure de vol au dessus d'un paysage grandiose. Nous avons tous beaucoup de sensations fortes étant donné que nous commençons une superbe aventure. Amerrissage sur le lac Karluk et rapidement nous descendons tout le chargement. Quatre hydravions sont nécessaires pour amener la totalité du matériel. Nous commençons à découvrir toute l'infrastructure que nos organisateurs ont préparée (tentes, couchages, rafts, nourriture, matériel de pêche, plus nos effets personnels).
  • Le premier camp est rapidement monté. Le paysage est toujours splendide. Devant nous s'étalent les 40 km du lac, avec tout autour de magnifiques montagnes verdoyantes. Quelques plaques de neige subsistent à leurs sommets, une herbe haute recouvre la quasi totalité de leurs flancs, seules quelques touffes d'arbustes sont parsemées par-ci par-là.

  • Pêche et descente en raft de la Karluk
    Ainsi nous nous retrouvons dans une vallée complètement isolée de toute civilisation. Le dépaysement est total, plus aucun souci hormis celui de regagner le camp pour les repas. Le programme est très simple. Nous devons descendre les 40 km de la rivière Karluk en 8 jours . Deux jours sont prévus sur chaque site, chacun des quatre camps est espacé de 2 à 3 heures de rafts. Le camp est composé de 4 tentes pour deux ou trois personnes pour le couchage, une grande tente pour la cuisine et réfectoire, une petite tente pour la douche ou WC.
  • Pour rejoindre le camp suivant nous avons trois rafts pour transporter les vivres, le matériel et toute l'équipe (9 pêcheurs plus les deux guides). La descente en raft de la rivière Karluk présente plusieurs avantages non négligeables. Le plus important étant que nous verrons la rivière dans son intégralité et pêcherons de multiples pools au cours de cette descente paisible et facile. Nous pourrons également observer une faune omniprésente (ours, renards cerfs, loutres, castors, aigles, et nombreux autres spécimens d'oiseaux). Lionel nous donne les principales consignes de sécurité, le seul gros danger pourrait venir de l'ours , pour cela notre guide nous rassure en détaillant les instruments à utiliser pour contenir une charge de grizzli : fusil avec plusieurs types de munitions, fusées, bombes répulsives. Jamais il n'a eu à tirer sur cette imposante créature. Il est impératif de ne pas laisser traîner des vivres dans le camp, et bien souvent il suffit d'agiter les bras en parlant fort ou simplement de taper deux casseroles entre elles pour faire fuir cet animal qui ne cherche pas à attaquer l'homme, mais quête de la nourriture 24h sur 24. A plusieurs reprises nous pûmes apercevoir un ou plusieurs grizzlis cherchant de quoi manger. Le deuxième jour nous avons remarqué la présence de 5 ours sur les rives d'un petit ruisseau. Ils étaient en train de prélever quelques sockeyes sur leur frayère.

    Poissons de choix :Kings, reds, et dollies sont au rendez vous
    Les cinq espèces de saumons du Pacifique sont présents sur la Karluk, n'oublions pas en plus l'omble et la truite de mer. En 1997, près de deux millions de saumons ont remonté cette rivière de 40 km (poissons comptés manuellement par les biologistes officiels à la barrière de comptage située à l'embouchure).
    Le king ou chinook : le plus gros des saumons, c'est Bernard qui démarre les hostilités le premier matin avec un superbe spécimen alors que nous étions encore au plumard. Autant vous dire que tout le monde est vite debout pour aller tenter sa chance. Les prises sont nombreuses chaque jour avec des poissons très combatifs de 95 cm à 120 cm, soit 15 à 25 livres. Nous pêchions soit au fouet soit au lancer. La touche est souvent discrète mais alors après le ferrage quelle bagarre. Il faut compter minimum 15 minutes et parfois 45 minutes avant de mettre au sec certains spécimens. Un après midi le jeune Antoine à trois reprises dût descendre plusieurs centaines de mètres pour suivre le king qu'il venait de ferrer. Le poisson se sert du courant pour essayer de se libérer. Chaque pêcheur veut que j'immortalise sa prise  avec quelques photos. Je dois être en haut, puis en bas, et presque en même temps en face d’où je pêche tellement les prises sont abondantes. Je dois faire rapidement mes clichés afin de ne pas trop fatiguer le poisson déjà éprouvé par une lutte effrénée au bout de la ligne. Seulement deux kings ont été sacrifiés afin d'assouvir notre féroce appétit, les autres étaient remis délicatement dans leur milieu naturel. L'eau limpide nous permet d'apercevoir les kings se placer tout le long des pools. Le fait de contempler de tels poissons est un véritable spectacle. Plusieurs d'entre nous pêchent pour la première fois ces fabuleux saumons et croyez moi que d'émotions du ferrage et ce, jusqu'à la remise à l'eau. Je n'oublierai pas le large sourire de Didier entrain de se laisser prendre en photo avec un joli king qu'il a du mal à saisir tellement sa prise est grosse et pesante. Certains soirs vers 23h Jean-François doit appeler son fils qui est toujours au bord de la Karluk entrain de travailler un dernier king.

    Le red ou sockeye : véritable sprinter dès qu'il est ferré, jaillit hors de l'eau, se tortille violemment, et bien souvent se défait du leurre. Nous étions entre les deux grosses remontées des sockeyes. Les premiers étaient déjà sur les frayères en amont du lac. Quelques uns étaient encore sur le cours de la Karluk. Et la deuxième vague était dans le lagon à attendre une montée d'eau pour commencer leur ultime ascension vers leurs lieux de reproduction. Comme les autres espèces de saumon les sockeyes mourront tous quelque temps après leurs reproduction. Nous sommes restés planté plus d'une heure à observer ces poissons quittant le lac pour gravir un petit ruisseau où se situait en amont les lieux de ponte. Le spectacle déjà vu à la télé était pourtant presque incroyable. Effectivement voir autant de poissons accolés les uns contre les autres dans un si petit cours d'eau nous semblait relever de l'imaginaire.
    L'omble ou dollie est présente en grand nombre sur la totalité du parcours. Leur pêche est très plaisante dans les petits courants. Poissons de 35 à 55cm, souvent situés en aval des pools à kings afin de dévorer les oeufs de ceux ci. C'est Lulu qui fut le spécialiste de ce poisson, à chaque prise il savourait de voir se débattre une dollie au bout de sa ligne. Il ne cessait de répéter « quel joli poisson !, mais quel joli poisson ! » Plusieurs dollies furent dégustées après un filetage sur une table posée au milieu de la rivière devant le camp.
    La steelhead ou truite de mer. Exceptionnellement quelques spécimens étaient déjà présents à notre plus grand bonheur. Ce type de poisson est en effet très combatif. Sur la Karluk certains spécimens de 15 livres ne sont pas rares, et ceux de 8 à 12 livres sont courants.
    Le silver, pink et chum ne sont pas encore arrivés à cette époque .
    8 jours de dépaysement total
    Les jours se succèdent évidemment trop vite. Le beau temps ne nous quittera pas de la semaine, hormis une petite pluie fine pendant 10 minutes, et une nuit un peu fraîche au dire de Mado. Bernard est souvent le premier à pêcher vers les 6h du matin. Puis après un copieux petit déjeuner chacun part taquiner le saumon vers les 7h30. Oliver et Antoine les deux jeunes de l'expédition ont tendance à aller de plus en plus loin du camp, et il faut plusieurs rappels à la prudence. Vivre une telle aventure à 16 ans laissera obligatoirement de formidables images dans leur tête, et il est facile à comprendre qu'ils étaient insatiables de découvrir de nouveaux spots de pêche sans se soucier s'ils pouvaient se retrouver nez à nez avec un ours. Tout le monde prend beaucoup de plaisir. Chacun à son moment d'adrénaline pour mettre un terme à la lutte effrénée d'un king. Une entente parfaite règne dans le camp. De temps à autre nous faisons une petite pose, autant d'heures de pêche laissent des traces de fatigue ; souvent mal de dos. Le soir nous avons souvent parlé de faire une veillée en jouant aux cartes ou autre jeux, mais une saine fatigue nous faisait renoncer à prolonger la soirée et tout le monde partait dans sa tente pour un sage repos (à ce propos, des nombreux ronfleurs, Lulu arrive en tête pour son interminable ron-ron, suivi de Bernard pour ce qui est de l'intensité). Seul handicap à nos occupations ; les nombreux moustiques et les mouches noires. Mais une bonne application de lotion spéciale et pour certains le port d’une moustiquaire, permet facilement d'oublier ces parasites. L'ambiance fort sympathique est due peut être au beau temps et aux conditions exceptionnelles de pêche. Mais également au bon esprit de tous les participants, et surtout à la parfaite organisation offerte par «Grand Frisson », tout est parfait !.

    Lionel et Christiane Maye installés depuis 1980 en Alaska sont désireux de faire partager à tous ceux qui le souhaitent la beauté de ce pays qu’ils connaissent parfaitement pour l'avoir sillonné de long en large. Leur éthique est irréprochable à propos du respect de la faune, de l'environnement et des règlements en vigueurs. Ils veulent satisfaire leurs clients et croyez moi ils savent très bien le faire. Ils ont développé plusieurs produits avec des prestations personnalisées qui font l'esprit «Grand Frisson». De l'accueil à l'aéroport jusqu'à l'instant de votre départ, chez Maye sont constamment avec vous. Dans les tarifs tout est compris (tous les repas et toutes les nuitées, même les nuits supplémentaires éventuelles à des retardements pour cause de mauvaise météo) . Tous les déplacements aériens, fluviaux ou routiers sont inclus. Votre permis de pêche et le timbre »spécial King », la congélation et l'emballage de vos prises, ainsi que le fumage sont également compris (sauf pour les descentes en rafts où c'est techniquement impossible). Et pour couronner le tout Christiane vous prépare de délicieux et copieux repas. En effet quel luxe de se retrouver dans la vallée de la Karluk, de glisser les pieds sous la table et de pouvoir se restaurer aussi bien. Toute l'équipe a été vraiment subjuguée par la facilité qu'avait Christiane pour réaliser de tels festins. Rien que pour vous mettre l'eau à la bouche je me rappelle de ces tournedos avec petits pois aux lardons, ce filet de porc avec une petite sauce parfumée à souhait, de ce red cru et mariné, des dollies et filets de kings superbement apprêtés, et pour terminer cette soirée crabes pour conclure notre séjour. Pendant les 12 jours je n'ai observé que des regards radieux, des liens d'amitié se sont vite créés entre tous. Pour le bon moral de la troupe Lionel peut se voir décerner la médaille d'or, insatiable quant à raconter des histoires drôles. Malgré les éclats de rire pendant les repas, un ours a osé approcher le camp. Même les épouses de Bernard et Lulu (Mado et Françoise) non pêcheuses, ne se sont pas plaintes du séjour. Elles voulaient faire plaisir à leur mari et vivre ensemble des vacances essentiellement tournées sur la passion pêche et de plus dans une contrée où le lèche vitrine était  à quelques 500 km, bravo mesdames !.
    Au retour avec Jean-François et Antoine nous avons déjà retracé les meilleurs moments de cette expédition. Il faut espérer que l'Alaska reste tel qu'il est aujourd'hui. Il semble que les U.S.A. soient conscientes de ne pas commettre les erreurs faites dans d’autres Etats, à propos de la sauvegarde du saumon. Je souhaite à tous de pouvoir un jour aller pêcher dans ce pays.
     

  • Matériel
    Au niveau du matériel de pêche tout le monde était superbement équipé. En plus c'est avec plaisir que j'ai fait essayer le matériel dont je disposais.
    Pour la mouche : j'avais une canne à deux mains Sert de 14 pieds (modèle Piam Concept Gt) que chacun a pu apprécier pour l'aisance à fouetter et pour la bonne maîtrise du poisson. Une soie 11 à pointe plongeante et 200 m de backing garnissaient le moulinet  modèle Piam Concept PC 5. L'eau étant relativement basse nous n'avons pas utilisé de Lead-Core mais simplement un bas de ligne de 1,20m en 45/100. Les streamers utilisés sont de couleur bleue ou rouge saumon, le tout avec quelques brins de tinsel. Le tube-fly a également donné satisfaction. De toute manière il fallait adapter son leurre en fonction du poisson recherché et surtout par rapport à la force du courant et à la profondeur du pool.
    Pour la pêche au lancer : '’utilisais une canne Garbolino modèle Xingu 3 brins, véritable arme infaillible à contenir les rushs les plus violents des Kings. Quel plaisir de voir la canne réagir aussi bien à tous les coups de gueule du saumon. Le moulinet Shimano Symetre 8000FE, robuste et surtout de très bonne qualité, était muni d'une bobine de contenance importante. Il était garni de 200m en 45/100 Océan water king de chez Water Queen. Avec des poissons tels les kings, le nylon est mené à rudes épreuves, et là aussi il est agréable d'utiliser un fil d'aussi bonne qualité. Les leurres employés (grosses et moyennes tailles) étaient des cuillers ondulantes ou tournantes ; vibrax, foxtail, pixee, syclops, effzett. Ou des poissons nageurs bruiteurs ; wiggle wart Storm. Des Rapala ; Fat Rap, Husky Jerk bruiteur et Shad Rap.
    Pour les reds et surtout les dollies : Un matériel plus léger convenait parfaitement. Une canne à mouche réservoir 9 pieds soie 6 à 8 avec bas de ligne en 18 à 24/100, streamers ou mouches noyées de tailles moyennes ou imitation d'oeufs de saumon. Canne à lancer 12 à 25g avec nylon de 22 à 24/100 avec mêmes leurres que pour le king mais évidemment de tailles bien inférieures. Une boite de plombs de complément est très utile pour s'adapter aux changements de profondeur de la rivière. Un tel équipement a permis à chacun de pêcher sans souci, chose essentielle quand vous vivez le voyage de votre vie dans des lieux où il est impossible de remplacer un matériel défaillant. Il serait regrettable de gâcher un tel séjour en ayant un matériel non adapté aux circonstances.
    Plusieurs prestations sont offertes par « Grand Frisson »
    Karluk sur l'île de Kodiak (descente de la rivière) kings.
    Karluk sur l'île de Kodiak (cabine) silvers, steelheads
    Naknek(nouveau lodge situé au sein même du célèbre Parc National de Katmai) arcs en ciel, kings, silvers
    Alagnak (descente de la rivière) :silvers
    Renseignements et contacts
    (attention aux heures d'appels :-10h de décalage horaire)
    GRAND FRISSON
    Christiane et Lionel Maye
    11845, Circle Drive
    Anchorage, Alaska 99507 USA
    Tél : 00-1-907-345-9412
  • Fax : 00-1-907-345-9413
    E-mail : lionel@grandfrisson.com
    Site internet : http://www.grandfrisson.com